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| LA CHAPELLE SAINTE MARIE DE SANGUINOU |
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L'église de Sanguinou est signalé au siècle dernier parmi la douzaine d'églises romanes remarquables dans le Tarn. Dans le bulletin paroissial de Saint-Pierre de Fronze, paru en Octobre 1945 dont il paraît intéressant de donner quelques extraits. D'ou vient le nom de Sanguinou ? Serait-ce que l'on vénère un saint local, comme pourrait le faire croire la carte d'état-major qui place tout bonnement ce lieu sous le vocable de Saint-Guinoux. Non et personne ne s'y trompe, chez nous. La charte de fondation d'Ardorel en 1124, nous en donne la preuve historique. Il est dit, en effet, que ce monastère fut établi dans le bois de l'Ardorel, qui se trouve sur la paroisse de Sainte-Marie de Sanguinou (en latin Santae Mariae Sanguinorensi). Sanguinou est certainement, comme il arrive fréquemment pour les noms de lieu, il faut chercher dans la flore avoisinante. Dans les parages de la chapelle foisonne le Cornouiller sanguin ou sanguinelle que l'on appelle en patois, " sangui ". C'est lui, assurément, qui fournit au vieux nom de Sanguinou l'étymologie la plus vraisemblable. Les archives de l'Abbaye d'Ardorel mentionnent la paroisse de Sainte Marie de Sanguinou au douzième siècle, mais elle est très certainement plus ancienne. Il faut la rattacher à la période carolingienne neuvième-dixième siècles. Elle a toutes les caractéristiques des paroisses rurales de cette époque : un territoire comprenant plusieurs hameaux avec l'église seule, placée au centre en dehors des cités. Il n'y avait pas alors de village de quelque importance qui eût justifié la construction d'une église dans les murs ; c'est le cas de Saint-Sauveur-D'Hautpoul ; de Saint-Pierre-des-Plots ; de Saint-Pierre-de-Fronze. Sanguinou est donc la vieille paroisse du causse antérieure aux paroisses actuelles de Caucalières, Payrin-Augmontel, Valdurenque. Les Documents authentiques qui nous parle de Sanguinou sont rares, on peut cependant reconstituer les grandes lignes de son histoire. Il y a même une préhistoire si nous en croyons le témoignage des fouilles qui furent faites en 1955 près de la vieille église. Celle-ci ont mis au jour des vases funéraires que les experts (L'abbé Giry, conservateur d'Enserune, notamment) attribuent à l'époque gallo-romaine deuxième-cinquième siècle. Avant de devenir un centre chrétien, Sanguinou était peut être une ferme ou villa gallo-romaine. Sa situation, à peu près au sommet du plateau, à proximité d'un point d'eau ( qui existe toujours à environ cent mètres au Sud-Ouest de l'église), rend très vraisemblable cette hypothèse. Un sarcophage du type mérovingien, creusé à même le roc et découvert au cours des fouilles, nous donne un point de repère pour le sixième-huitième siècle. Y avait-il déjà un sanctuaire chrétien à Sanguinou ? On ne saurait le dire. Mais l'absence dans le sarcophage (par ailleurs intact) de tout objet de métal, pièces de monnaie, boucles, etc.. avec lesquels les païens avaient coutume d'ensevelir leurs morts , semble indiquer qu'il s'agit d'une sépulture chrétienne. La photographie de ce sarcophage avec le squelette, dont une partie de la mâchoire a été détachée, et l'un de ces vases, se trouvent exposés à la salle d'histoire locale. Le caractère architectural de l'église est très sommaire. L'arc en plein cintre qui sépare la nef du chevet en constitue à peu près le seul élément décoratif. Avec les fenêtres très réduites, il rappelle l'art primitif. Elle a été relativement peu remaniée. Vers la fin du Moyen Age, au quatorzième siècle nous voyons apparaître les paroisses de Caucalières et Augmontel. Sanguinou fut alors dépouillé de ses prérogatives paroissiales au bénéfice de Caucalières. On continua cependant d'y célébrer le culte de temps en temps, d'y faire en particulier les les sépultures des habitants du causse. Les registres paroissiaux de la fin du dix-septième siècle indiquent qu'à cette époque, il y avait autant de sépultures à Sainte-Marie de Sanguinou qu'au cimetière de Caucalières. On enterra à Sanguinou jusqu'en 1871, époque où fut envisagé l'établissement d'un champ de tir dans le causse. On crut d'abord que la chapelle serait englobée dans ce champ de tir, mais il n'en fut rien. Malgré cela toutes les sépultures se firent désormais à Caucalières. Cessant d'être le centre d'une paroisse, Sanguinou devint un centre de pèlerinage. Tout d'abord les habitants du causse continuèrent de considérer Sanguinou comme leur église et y restèrent attachés. De plus elle fut la seule chapelle de la région dédiée à la Sainte Vierge. Le vieux titre de Sainte-Marie de Sanguinou était devenu, à la française, Notre-Dame de Sanguinou. De nombreuses grâces ont été obtenues dans ce modeste sanctuaire. La tradition rapporte que les futures mères allaient demander à Marie une heureuse délivrance, comme aussi la grâce de pouvoir allaiter elles mêmes leurs enfants. Laissée plus ou moins à l'abandon pendant trois quarts de siècle, elle menaçait sérieusement la ruine en 1940 , alors que la voûte en bois et une partie de la toiture s'éffondraient. Elle à été restaurée et rendue au culte en 1945, sur l'initiative de M. l'abbé Sandevoir, desservant Caucalières. L'affluence à Sanguinou était particulièrement grande aux lundis de Pâques et de Pentecôte. Le pèlerinage annuel à Sanguinou le dernier Dimanche d'Août. Cette cérémonie garde toujours un caractère de grande dévotion. Au cours d'une longue procession, des combes au plateau, les assistants accompagnent et chantent des louanges à la Vierge qui est remise, le soir, sur son piédestal. Ainsi se perpétue une coutume riche d'histoire et de grandeur et qui apporte à Sainte-Marie de Sanguinou l'hommage recueilli de tout un peuple laborieux. Recueilli par A. Tost d'après le bulletin paroissial de Saint-Pierre-de-Fronze . Lire l'ouvrage sur l'histoire de Sanguinou de Mr Edourd Cayre " Les seigneurs de l'Hautpoulois " paru en 1972. |